On a tous l’impression que l’IA est née le jour où ChatGPT a atterri dans nos onglets. C’est faux. 2022, c’est juste le moment où ça a cessé d’être un truc de labo. Avant, il y a 1956. Il y a 2012. Il y a des années où personne n’en parlait à part quatre chercheurs et un slide PowerPoint.

Moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas la frise pour briller en soirée. C’est pourquoi, d’un coup, on a tous un assistant dans la poche — et ce qu’on est censés en faire.

1956, le baptême un peu poussiéreux

Dartmouth. Un été, des types qui se disent que la machine peut « penser ». Le mot intelligence artificielle naît là. Promesses larges, ordis minuscules, hivers qui suivront : on appelle ça des hivers de l’IA, les périodes où plus personne ne finance parce que ça n’a pas tenu les grandes phrases. Déjà, le hype. Déjà, la gueule de bois.

Si tu retiens une chose : le rêve est vieux. Ton feed, lui, est récent.

2012, le moteur s’allume pour de vrai

Là, ça devient technique, mais je te le fais simple. Les réseaux de neurones — l’idée de faire apprendre une machine à force d’exemples — existent depuis longtemps. Ce qui change vers 2012 : assez de données, assez de puces, une compétition de reconnaissance d’images que les nouvelles méthodes explosent. On arrête de tout programmer à la main. On montre. La machine déduit.

Tu n’as rien vu passer. C’était dans les papiers, les labos, les équipes de Google et des copains. Toi tu étais sur Instagram. Moi aussi.

2022, tout le monde est dans la pièce

Puis un chatbot débarque, et soudain ta tante demande si « l’IA va prendre mon métier ». Ce n’est pas que la techno a été inventée ce jour-là. C’est qu’elle est devenue parlable. Tu tapes une phrase, elle te répond une phrase. Plus besoin de comprendre un papier de recherche pour sentir le truc.

Depuis, ça s’est empilé : images, voix, code, agents qui cliquent à ta place. L’essor n’est pas une ligne droite. C’est une porte qui était fermée au grand public et qu’on a déboulonnée à coups de démos bluffantes.

Ce qu’on fait de la suite

La question n’est plus « est-ce que ça existe ». Ça existe. La question, c’est qui tient le stylo. Qui vérifie. Qui assume quand c’est faux — parce que c’est faux souvent, avec un très grand sourire.

1956 a nommé le rêve. 2012 l’a rendu possible. 2022 l’a mis dans nos poches. 2026, c’est à nous de décider si on s’en sert comme d’un cerveau de rechange, ou comme d’un outil qu’on garde sous la main. Devine de quel côté je penche.